Méditation du 8 septembre

J’ai vu que toute peine et que tout succès d’une œuvre ne sont que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain. Cela encore est vanité et poursuite du vent. (verset 4) Mieux vaut le creux de la main plein de repos que deux poignées de peine et de poursuite du vent. (verset 6) Deux valent mieux qu’un […] Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! (versets 9a et 10)    

(vidéo disponible ici : https://youtu.be/kh2j0J9fnaE)

Chers amis, chers frères et sœurs,

Dans la liste de lectures bibliques quotidiennes
de la Fédération protestante de France,
c’est le livre de l’Ecclésiaste
qui est proposé cette semaine
et la suivante…

Dans le chapitre 4,
je vous propose ces extraits que voilà :

J’ai vu que toute peine et que tout succès d’une œuvre
ne sont que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain.
Cela encore est vanité et poursuite du vent.  (verset 4)
Mieux vaut le creux de la main plein de repos
que deux poignées de peine et de poursuite du vent. (verset 6)

Deux valent mieux qu’un […]
Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon ;
mais malheur à celui qui est seul et qui tombe,
sans avoir un second pour le relever ! (versets 9a et 10)

Ces versets (les autres aussi d’ailleurs)
font résonner en moi des tas de choses
des actualités de notre société humaine.
Car l’Ecclésiaste est bien actuel, n’est-ce pas ?
Bien sûr il ne donne pas de réponses partisanes !
Simplement, il souligne des questions,
il est contestataire de toute société
qui n’est pas construite selon Dieu
(mais y en a-t-il qui le soient ?).

Beaucoup de gens épuisent leur vie,
leur foyer, leur corps, leur esprit,
à surnager dans ce monde
ou à tenter de le faire.
Mais la nature humaine est telle
qu’en plus cela ne se fait que l’un contre l’autre !
Et c’est de toute façon un projet stupide :
pourquoi devrais-je passer ma vie à la détruire
et à détruire celle des autres ?!

Bien sûr, l’Ecclésiaste ne nous suggère pas
de baisser les bras et de mourir de ne rien faire !
Il nous suggère de vivre,
de vivre dans le repos du corps et de l’âme,
c’est-à-dire dans la confiance,
en s’en remettant à Dieu et aux autres.
Non pas : ne pas travailler,
mais : travailler en repos…

Ça vous fait drôle ?
Pourtant on peut bien l’imaginer…
Mener une œuvre pour elle-même,
pour ce qu’elle offre à soi et aux autres,
et non pas contre soi et contre les autres.
Autrefois, on parlait ainsi
de « travail bien fait », de « fierté de l’artisan »…
Prendre du plaisir à ce qu’on fait,
et le faire bien, comme un « plus »,
comme un cadeau reçu et offert…

Cette autre manière de vivre
n’est certes pas solitaire !
Comme dit le proverbe africain :
« Tout seul on va plus vite,
ensemble on va plus loin. »
Dans le repos, je choisis
d’aller loin plutôt que d’aller vite,
je choisis d’y aller ensemble
et non pas contre…,
pour la vie et non pour la mort.

Car le premier élément de la nature à respecter,
c’est l’autre être humain :
l’homme, la femme, les gens à mes côtés,
et moi aussi !
Comment vouloir changer le monde
sans changer soi-même ?
« Vanité et poursuite du vent… »

Dieu nous appelle au repos
(les Juifs diraient : au shabbat),
il nous appelle à choisir la vie
et non à nous détruire en prétendant la gagner.
Il nous appelle au discernement :
qu’est-ce qui crée du malheur
dans ma manière de vivre,
qu’elle soit choisie ou imposée,
et qu’est-ce qui peut créer du bonheur,
du bonheur pour moi et pour les autres ?

Avec le Christ,
j’ai des choses à faire,
mais je n’ai rien besoin de gagner,
ni ici ni « au ciel » !
Il me faut juste m’en souvenir,
et agir ou m’abstenir d’agir
en fonction de cette grâce.

Bonne semaine à tous,
en Dieu.

pasteur David Mitrani

 

 

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