Méditation biblique du 1er février

autour de l'Évangile selon Marc 7 / 5. 8

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Chers auditeurs et lecteurs,

Dans la liste de lectures quotidiennes de la Fédération protestante de France,
nous lisons aujourd’hui un extrait de l’Évangile selon Marc,
avec notamment ces phrases :

Les Pharisiens et les scribes demandèrent [à Jésus] :
« Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des Anciens,
mais prennent-ils leur pain avec des mains impures ? »
Jésus leur répondit : […]
« Vous abandonnez le commandement de Dieu,

et vous tenez à la tradition des humains ! »
(Évangile selon Marc 7 / 5 et 8)

 

Les Pharisiens d’il y a 2 000 ans et les rabbins juifs depuis lors
disposent, à côté du texte biblique – seulement notre Ancien Testament –
d’une tradition orale, mise par écrit plus tard,
qui est normative pour la pratique religieuse,
au point de prévaloir sur la lettre du texte biblique.
C’est ce qu’on appelle le Talmud et quelques autres textes.

 

Notez en passant qu’ils nous seront présentés
par le doyen de la faculté de théologie de Strasbourg
au Foyer protestant de Saint-Dié le dimanche 25 février après-midi…

 

Mais au-delà du contexte particulier de cet extrait de l’évangéliste Marc,
la réponse de Jésus nous interpelle.
Nous nous faisons une gloire, nous autres protestants,
de ne rien rajouter au texte biblique
et de le laisser lui seul inspirer notre compréhension, notre piété, nos actes.
Nous parlons, en latin, du principe de « sola scriptura« , « l’Écriture seule ».

 

Dans la réalité, nous sommes très loin d’appliquer ce principe
et de laisser le texte biblique, lu à la lumière de l’Évangile du Christ,
informer et guider notre vie.

 

En effet, nous choisissons les textes qui nous plaisent, qui nous conviennent ;
et les autres, nous les délaissons ou bien nous les révoquons
sous prétexte qu’ils sont datés, que leur pertinence est dépassée.

 

Nous ne disposons pas d’une tradition
comme celle du Talmud et des commentaires de Rashi,
non plus que d’un magistère reconnu comme dans l’Église catholique.
Il est donc risqué pour nous de nous en remettre à notre propre jugement !

 

C’est même la définition du péché originel :
décider de ce qui vient de Dieu, de ce qui est bon pour nous,
sans lui demander son avis !

 

Bien sûr, dans ce cas,
nos deux seuls critères vont être l’air du temps et notre propre intérêt.
Moyennant quoi on croira faire la volonté de Dieu
en nous contentant d’agir et de penser comme tout le monde
ou en suivant ce qui nous arrange.
À coup sûr, c’est Dieu et notre prochain qui vont passer à l’as !

 

Il en va ainsi parfois des prises de position de notre Église
en soutien à telle ou telle idéologie, valeur, revendication ou proposition de loi.
Mais si c’est le cas,
c’est parce qu’individuellement, vous et moi, nous faisons la même chose !

 

Mes amis, arrêtons de procéder ainsi !
Regardons à la croix de Jésus, et à sa lumière relisons les textes bibliques
afin qu’à travers eux le Saint-Esprit dirige vraiment notre vie.
Pas seulement notre « vie religieuse » – si cette expression a un sens –
mais surtout notre vie quotidienne, personnelle, sociale, intellectuelle, communautaire.

 

C’est là que l’Évangile peut agir
et nous permettre de le rendre visible à ceux qui nous entourent.
Sinon, les gens voient bien nos incohérences, nos trahisons, nos lâchetés,
bref : tout ce par quoi nous faisons passer nos idées avant la Parole de Dieu.
Mais nos idées sont stériles :
ne comptons pas qu’elles nous changent ou qu’elles changent le monde.
Seul l’Évangile du Christ le peut : il a donné sa vie pour ça !

 

Puisse donc notre méditation des Écritures éclairer et changer notre vie !
Dans ce cas, très bonne semaine à vous !

 

pasteur David Mitrani

 

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